Et si pendant les vacances, moins c’était mieux?

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papillon

 

L’été est maintenant bien là. J’apprécie la chaleur après des mois de pluie et de vent. Chaleur qui invite à une inaction salvatrice pour récupérer, se recharger, se distancier et se désactiver, approfondir, profiter, rêver.

L’enjeu est de taille: fonctionner de la même manière que pendant l’année ou se mettre vraiment en vacances (du latin « vacuum = vide »)

 

Ce que nous propose la société d’hyper-consommation arrive à son terme.

L’accélération des technologies aurait dû nous simplifier la vie, mais elle nous la rend plus complexe car elle a généré une maladie infernale : la maladie du «toujours plus ». Parce qu’à chaque fois qu’un outil nous offre de nouvelles possibilités, notre avidité d’activités supplémentaires croît beaucoup plus vite que le temps gagné grâce aux technologies. Envoyer un mail ou un sms est remarquable d’efficacité et permet de faire parvenir très vite une information ou d’obtenir une réponse. Mais lorsque nous gérions quelques contacts par jour il y a 30 ans, par courrier, téléphone ou télex, nous en gérons maintenant des centaines et risquons l’overdose. Toujours plus de messages, de sollicitations, d’objets, de déplacements, de contraintes. Toujours plus « d’avoir beaucoup » qui met la pression, donne un sentiment d’inachevé à la fin de la journée, une lassitude physique et morale qui peut aller jusqu’au burn-out, et qui est totalement déconnecté du bonheur. Le confort matériel est nécessaire, il comble des besoins de survie et de sécurité, mais, au-delà d’une certaine limite, ce sont d’autres besoins qui apparaissent, psychologies, sociaux, spirituels. « L’avoir beaucoup » ne peut combler ce type de besoin, malgré ce que cherchent à nous faire croire les publicités qui nous entourent en permanence : achetez plus et vous serez plus heureux. Telle est la fallacieuse promesse à laquelle il faut se soustraire au plus vite pour trouver un mode de vie ou le progrès est à notre service, et pas l’inverse, ou la compétition est remplacée par la coopération et le partage, où l’argent et le profit sont à leur juste place : des moyens et non des fins.

Ce que nous recherchons aujourd’hui, c’est le bien-être: « ETRE BIEN ».

Et quoi de mieux que la période des vacances pour tester le « Etre Bien », plutôt que ‘l’Avoir et le Faire Beaucoup »? De nombreuses contraintes externes, dont celle du travail et des temps de transport s’amenuisent ou disparaissent, mais le risque existe de continuer sur le même rythme. Quand les enfants étaient jeunes, nous passions nos vacances dans des clubs, et j’étais toujours étonné de voir comment l’infirmerie se remplissait le lendemain des arrivées. Beaucoup se précipitaient sur des « activités » sportives notamment, et les pratiquaient sans aucune préparation, échauffement ou repos pour évacuer les tensions et la fatigue. D’autres assistaient à la soirée de présentation de la semaine, avec agenda et bloc notes, pour faire un planning serré de manière à tout voir. Quelle boulimie! La course contre la montre dans laquelle beaucoup se sont lancés pour « tout faire et tout vivre » (par exemple les jeunes retraités qui veulent rattraper le temps perdu – comme si le temps se rattrapait!) ne leur épargnera ni déception ni frustration.

Proposition pour des vacances « Etre Bien »

S’entraîner (oui!, s’entraîner!) à PRENDRE LE TEMPS, plutôt que de se laisser PRENDRE PAR LUI. Ce qui se traduit pas des actions concrètes :-)

Se lever et prendre un temps pour soi: méditation et exercice physique, dans la nature, seul ou avec d’autres, point sur sa vie, ses relations, son travail, accueil de nouvelles idées.

Prendre le temps des repas: soigner leur préparation, changer vos habitudes alimentaires, goûter de nouvelles recettes, prendre le temps de regarder et d’écouter votre conjoint, vos enfants, vos amis, votre famille

Instaurer un temps sacro-saint: la sieste après le déjeuner (surtout quand il fait chaud!). certains n’arrivent pas à faire la sieste. Rien que cette formulation est paradoxale: arriver à implique un effort alors qu’il est suggéré d’arrêter les efforts. N’essayez pas de faire la sieste, faites là!

Prévoir une seule activité par jour: sortie, visite, plage, ballade et prendre le temps d’en profiter. Regarder, sentir, écouter, goûter, ressentir plutôt que photographier et se photographier toutes les 10 secondes (pour tuer le temps?). A l’objection « il faut occuper les enfants » je réponds ceci: comment avez vous contribué à ce qu’ils aient toujours besoin d’être « occupés ». Les vacances ne sont elles pas l’occasion de remettre tranquillement des choses à plat dans les règles de vie pour vous laisser de la liberté? L’ennui est un excellent moyen de développer son imagination!

Célébrer l’instant présent, seuls ou avec ceux qui sont là avec vous, prenez conscience et exprimez de la gratitude pour ce que vous vivez.

Oui mais après?

Après c’est après. Arrêtez de vouloir tout anticiper, tout prévoir tout contrôler, et notamment l’efficacité de ce principe « Etre Bien ». Restez dans l’observation de vous-même, des zones d’inconfort (ralentir, au début, ça fatigue, après on s’y fait!), de ce qui change dans votre manière d’être en relation avec les autres. Laissez vous surprendre, laissez revenir en avant plan des facettes de vous-même que vous aviez mis au placard car vous aviez des choses à faire. Prenez soin de vous.

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3 commentaires:

Anne19 juillet 2013 at 18 h 54 minRépondre

Merci Philippe,

Je partage tout a fait cette vision de la vie :)

mireille23 juillet 2013 at 13 h 18 minRépondre

Mais oui! les vacances c’est ça..prendre le temps de la respiration et de la bascule vers le pré-frontal. L’agenda est vide, le temps passe et je picore ça et là des moments de solitude, des moments de partage.
Je vous embrasse mes jardiniers préférés.

Philippe Geffroyhttp://www.lesjardiniersdeletre.com23 juillet 2013 at 13 h 44 minRépondre

Coucou Mireille! Vive la douceur de vivre, donc! Les jardiniers sont à l’oeuvre cette semaine, avec une température très différente de celle de l’Ascension… On reste dedans … car il fait chaud dehors… Mais nous sortirons sous le marronnier pour le partage du vécu que tu connais! Nous t’embrassons chère Mireille

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