Ne te laisse pas prendre par les histoires que tu as toi-même créées.

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« Don’t be fooled by illusions you created yourself ». Cette phrase tirée d’une très belle chanson de Sting (I love her but she loves someone else, de l’album The Last Ship ) illustre parfaitement comment on peut s’enferrer dans des difficultés et produire, pour soi et autour de soi, du stress négatif, en toute « ignorance de cause ».

 

21175518-telling-the-truth-or-tell-your-true-story-stop-lying-no-lies-search-my-own-real-stories-Stock-PhotoEn effet, lorsqu’on entame une relation, qu’elle nous relie à notre conjoint, notre employeur, notre client, notre coach etc), il existe des points définis de manière explicites et qui se matérialisent dans un contrat (de mariage, de travail, de collaboration) écrit, signé par les deux parties, voire même élaboré en commun. Mais, au-delà de ces éléments qui visent à poser le cadre de la relation, chacun des acteurs va souscrire en même temps un contrat psychologique, peu ou pas conscient, avec son partenaire. Chacun va croire qu’une promesse lui a été faite en échange de sa contribution au maintien ou au développement de la relation. Les 2 parties sont ainsi liées par des obligations et devoirs réciproques non explicités, voire purement imaginaires. Ce sont les premiers temps de la relation qui vont permettre de sceller ce contrat. (voir Denise Rousseau. Contrat psychologique et organisation. Pearson 2014). Si le concept vient de la recherche en organisation, il s’adapte à tout type de relation.

Dominique a 48 ans, il est technicien. Il est entré son BTS dans une grande entreprise dans laquelle il a « fait son trou » jusqu’à occuper des fonctions managériales. Il y avait investi la sécurité de l’emploi à vie, le fait de pouvoir progresser « tranquillement » sans avoir besoin de se perdre corps et âme dans le travail ou d’adopter une logique carriériste. Aujourd’hui, le poste qu’il occupe est menacé du fait de réorganisations liées à l’évolution du marché sur lequel cette entreprise évolue. Il est possible même que son métier devienne obsolète. Dominique est en fureur, et il a bien raison : tout l’édifice qu’il a construit autour de cet emploi menace de se fissurer et il ne dispose d’aucun plan B. Il éprouve de la colère contre son entreprise et se sent trahi. Mais…est-ce que tout ce qu’il avait psychiquement investi il y a 20/25 ans était véritablement écrit dans la chanson ? Non, Dominique s’est laissé prendre par les histoires qu’il s’est créé tout seul, bien encouragé par sa famille qui le pressait d’avoir un emploi stable et son banquier, tout heureux de lui accorder un prêt immobilier parce qu’il était en CDI.

Alice a 35 ans. Elle est mariée avec Luc depuis 1 an après de longues années de solitude. Quand elle a rencontré celui qu’elle appelle (ou appelait ?) « l’homme de sa vie », elle s’est sentie pousser des ailes car elle allait pouvoir réaliser son rêve, devenir mère de famille. Luc était le père idéal, gentil, une bonne situation, sérieux. Certes il était plus jeune qu’elle de 8 années et leurs goûts différaient sur bien des points, mais cela allait s’arranger avec le temps et le projet d’avoir un enfant. « Son » projet d’avoir un enfant, car il n’avait jamais été débattu en profondeur au sein du couple. Après le mariage, Alice s’est, de bonne foi bien évidemment, montrée insistante, en appuyant sur l’argument de l’horloge biologique. Luc l’a quitté brusquement. C’est un salaud, dit-elle en parlant de lui. C’est possible, mais… Alice s’est laissée prendre par les histoires qu’elle s’est créée toute seule.

A la base des contrats psychologiques, il y a des besoins à satisfaire et la croyance, la projection que « l’autre » (entreprise, conjoint) va les satisfaire au mieux, et pour les siècles des siècles qui plus est. Dangereuse illusion qui dénie l’impermanence, voire la précarité du monde dans lequel nous vivons (même si les assureurs déploient des trésors d’inventivité pour nous garantir contre tous les risques de la vie). L’intensité de ces besoins crée un voile qui nous empêche de percevoir la réalité telle qu’elle est : alors on se raconte des histoires, ou les autres ou la société nous en racontent et nous les croyons. C’est en ce sens que nous sommes responsables de la mise en place de ces contrats. Responsables mais pas coupables, selon la formule bien connue. C’est la première étape du processus de deuil que devront accomplir Dominique et Alice pour se repositionner dans leur vie professionnelle ou personnelle.

Voici pour conclure quelques questions-clés pour examiner vos contrats psychologiques:

« Qu’est-ce que j’attends vraiment de … mon entreprise, mon conjoint, mon enfant, mon coach… ? »

« Est-il en mesure de répondre totalement et durablement à ce que j’attends de lui ? »

« Que dois-je faire par moi-même pour me responsabiliser dans la prise en charge de mes besoins profonds ? »

« Quels scénarios alternatifs (plan B) puis-je élaborer pour être moins dépendant? »

Ne te laisse pas prendre par les histoires que tu as toi-même créées.
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1 commentaire

Cocset29 avril 2015 at 20 h 01 minRépondre

Merci Philippe…
Gros bisou
Sylvie

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