Sortir du triangle infernal des jugements,comparaisons et attentes.

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« Faites vous même votre propre malheur » est un excellent livre (de 1990!) où Paul Watzlawick nous donne, avec humour, de nombreux conseils (que nous connaissons déjà pour les pratiquer au quotidien!) pour nous pourrir la vie efficacement. Souvent, nous attribuons aux événements externes cette capacité, mais, nous le savons bien sans y rien changer, « ce n’est pas l’événement qui est troublant, c’est bien moi qui me trouble avec » ainsi que l’exprime Jacques Dechance.

Parmi la gamme des manières pour se « troubler », il y en a 3 qui me semblent tout à fait performantes, utilisables gratuitement, disponibles à chaque instant comme l’air que vous respirez. Alors pourquoi s’en priver?

La première est le Jugement . Examinons d’abord ce mot: le jugement est un « juge qui ment ». Tout est dit. En philosophie, c’est une pensée qui décide de la valeur d’une proposition. En gros, qui la classe dans l’une ou l’autre de ces extrêmes: Bien et Mal. Pourquoi le jugement est-il toujours un juge qui ment? Parce qu’il ne prend en compte qu’un seul aspect de la réalité. Prenons un exemple provocateur. Lors de catastrophes naturelles, les médias nous abreuvent d’images complaisantes des victimes de ces catastrophes et bien entendu, au fond de nous, on se dit: quelle horreur, quelle injustice! Mais en même temps ces catastrophes donnent à voir tous les traits positifs de l’être humain – la solidarité, la générosité, l’entraide, le réconfort, etc- qui manquent tant au quotidien (oui, moi aussi, j’aimerai les voir sans les catastrophes!). Tous nos jugements, sur nous-même, sur la vie, sur le monde sont la manifestations de nos filtres, croyances et des aspects de la réalité que nous privilégions. Greg Braden démontre que la croyance en l’existence de 2 forces opposées (le Bien, le Mal) « se répercute dans notre vie, notre santé, nos relations et le degré d’abondance dont nous profitons » (La guérison spontanée des croyances). Cette croyance racine est la source de tous les conflits intérieurs, interpersonnels, et entre groupes sociaux.

Comment en sortir: dès que vous prenez conscience que vous émettez un jugement, branchez l’observateur et regardez du coté face ce que vous regardiez uniquement du coté pile.

Comparaison-entre-athletesLa seconde est la Comparaison. Ma grand mère me disait: regarde autour de toi, tu en trouveras toujours qui sont au dessus et d’autres qui sont en dessous. Elle avait bien raison, ma grand mère! Le problème n’est pas la comparaison elle-même, qui est juste le constat de différences, d’une inégalité (le peintre qui travaille dans l’entrée le fait beaucoup mieux que je ne saurai le faire), mais ce qui se vit à la lumière de cette perception: je suis mieux/moins bien que lui, il est mieux/moins bien que moi. La comparaison nous emmène alternativement dans un mouvement d’expansion ou de rétrécissement de l’ego: la valorisation est forcément momentanée (je me trouve meilleur conférencier que beaucoup de mes confrères, mais… j’en ai vu de bien meilleurs que moi – donc keep cool, fais ton job et donne le meilleur de toi même!), la dévalorisation est plus constante lorsque l’estime de soi a été broyée ans la famille ou à l’école. Bref, la comparaison, c’est … fatiguant!

Comment en sortir: quand vous vous dévalorisez, allez chercher ce que vous pouvez apprendre ou copier chez l’autre, quand vous vous valorisez, dites vous que vous n’y êtes pour rien, que vous étiez juste connecté à la bonne source d’information à ce moment précis.

Et pour finir, last but not least, les Attentes. Les attentes, ce sont nos espoirs, nos projets, notre manière de compter sur les autres, sur le gouvernement, notre conjoint, notre famille, notre employeur etc, pour satisfaire nos besoins en adoptant tel ou tel comportement. Les meilleurs amis des attentes se nomment déception et frustration. Il est clair que les autres (ou la vie) ne pourront jamais satisfaire totalement et définitivement nos besoins. Occupons-nous en nous-même, c’est plus sûr! Derrière les attentes peut se profiler le terrorisme relationnel. Dans le couple par exemple, l’un cherche à formater l’autre d’une certaine manière. Cela peut avoir une utilité: « ça y est au bout de 20 ans il met tout seul ses chaussettes dans le panier à linge sale. Yes! ». Mais, c’est quand on cesse de vouloir que l’autre dise ou fasse ceci ou cela qu’il peut se révéler tel qu’il est et apparaître véritablement dans la relation, nous surprendre, nous faire évoluer.

Comment s’en sortir: les attentes ne sont pas un problème en soi. Si elles se transforment en intention ou en objectifs, elles peuvent même être créatrices. Mais trop s’accrocher à elles (ce qu’en Transurfing nous appelons « mettre de l’importance ») conduit à d’inéluctables déconvenues. Alors ayez un plan B: les gagnants sont ceux qui savent ce qu’ils feront s’ils perdent! Ah, ça va mieux tout à coup!

A lire, voir et entendre aussi: s’aimer et s’estimer.

Pensez à partager vos expériences dans les commentaires et bonne rentrée!

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7 commentaires:

Pascalhttp://www.blog.ponty.fr29 août 2013 at 14 h 04 minRépondre

J’écris pour le cas où l’auteur attendrait des jugements sur son article, pour pouvoir se comparer…
J’apprécie aussi l’effort de « recommandations » dans les cases bleues. On y voit que ces trois dimensions sont en elles-mêmes, bonnes et saines (émettre un jugement, comparer, espérer), jusqu’au moment où … elles prennent une énergie psychique excessive, elles empiètent sur notre capacité à apprécier le réel, elles nous referment sur nos frustrations…. cette charnière, ce moment où cette zone dans laquelle un trait humain fonctionnel devient un problème, est intéressante à étudier.

Philippe Geffroyhttp://www.lesjardiniersdeletre.com29 août 2013 at 18 h 56 minRépondre

Bravo et merci pour l’humour, c’est un excellent moyen pour se dégager de toute « énergie psychique excessive ». Observer et rendre conscient ces mécanismes est la base pour s’en extraire. Ensuite cela dépend de la charge émotionnelle que les événements provoquent sur nous. Qui elle même est variable selon la vitesse du vent, la hauteur de la marée, l’âge du capitaine, etc… Bref, c’est bien d’un grand voyage dont il s’agit pour « juguler » ces 3 mécanismes…

Josiane Geuns5 septembre 2013 at 7 h 09 minRépondre

J’ai tout lu; J’ai donc trouvé cela intéressant; Comme personne et comme thérapeute. En lisant votre article, je me dis: Ah oui telle personne correspond à cela, …ah dans telle situation , c’est ce que j’ai voulu dire et je n’ai pas été comprise,…ah mais oui, voilà les bon plans pour en sortir…

Je me fais donc bon juge (lol) car éprise d’éthique en matière d’aide aux personnes, j’estime que votre article va dans le bon sens (mdr).
Votre écriture est plaisante et facile en lire en plus d’être instructive.

Je me demande si tout cela n’est pas surtout une question émotionnelle? Si je juge, que je me compare et que j’en retire une attitude positive pour me faire du « bien »…why not?
D’ailleurs quelque part, il me semble que vous sous entendez cela aussi?

Idem avec les attentes, elles sont juteuses et savoureuses quand elles nous portent vers le « haut »;

Je me sens assez d’accord avec vous, et en temps que rebelle de service, je prends plaisir à juger votre article à lire , à suivre et à partager en le comparant à quelques autres qui ne lui arrivent pas à la cheville. Je n’en attendais pas moins…il n’a rien à envier aux autres ;)

Philippe Geffroyhttp://www.lesjardiniersdeletre.com5 septembre 2013 at 13 h 47 minRépondre

Merci pour votre humour, c’est comme je l’ai écrit précédemment un très bon outil pour (ou plutôt contre!) … tout ces trucs psy qui nous éloignent du bonheur! Oui, de toute manière, je ne sais pas comment les éviter, ces jugements, comparaisons et attentes, alors je tente modestement des les apprivoiser: jusqu’où sont ils porteurs d’un bon sentiment de soi… et quand la pente s’inverse – t – elle… C’est de l’horlogerie de haute précision.
A partir du moment ou on en est conscient, qu’on est capable de les nommer, on peut couper plus facilement le lien émotionnel associé, sans attente de résultat, sans se juger de ne pas avoir su le faire et sans se comparer avec le voisin qui maîtrise tout cela parfaitement!
Bien à vous Philippe

Maximehttp://www.qualite-relationnelle.com24 septembre 2013 at 17 h 31 minRépondre

Bonjour Philippe,
Merci pour cet article de haute facture !
Oui, je sais, je porte un jugement sur ton article et je suis en train de me dire que les commentaires que je viens de lire sont meilleurs que celui que je suis en train d’écrire.
J’ai donc une attente de bien-faire, non ?

A titre perso, j’aime bien me « valoriser ».
Je sais que cela nourri mon ego et en même temps, je le vis comme un sacré moteur.
Et quand je me compare, ou que je dévalorise, je me connecte à cette partie de moi qui est en souffrance, je la reconnais, je l’accepte et je lui envoie beaucoup d’amour.
Je vis à chaque fois avec beaucoup d’étonnement cette modification de sensations corporelles ou physiques liées à l’évolution de mon niveau énergétique et vibratoire dans l’instant présent.
Un dernier point sur le concept de l’importance.
Je pense que je vais écrire un article sur mon blog dans lequel je vais développer ce point en détail, car ce qui suit, je ne l’ai lu nulle part.
En tant que coach Transurfing, je valide cette notion d’importance génératrice de potentiel en excès.
En même temps, il y a une autre notion d’importance qui est à mon sens très bénéfique, c’est celle qui nous permet de nous recentrer sur nos forces et nos valeurs, sur notre pouvoir personnel.
Cela me renvoie aussi à cette notion de valorisation et de célébration qui, pour moi, sont liées entre elles et bénéfiques pour la réalisation d’un projet.
C’est David Laroche avec sa fameuse question « Qu’est ce qui est important pour moi ? » qui m’a amené à y réfléchir.
A force de m’interroger, j’ai fini par en déceler cette subtilité.
Transurfing, c’est la notion d’importance liée à l’obtention d’un RÉSULTAT.
Le plan B, c’est imaginer obtenir un autre résultat que celui qui correspond aux attentes initiales du mental, qui se relie au « comment » et non au « pourquoi ».
C’est un moyen subtil de nous amener à cette fameuse notion du lâcher-prise sur le résultat, là où la vie peut s’exprimer dans toute sa puissance et nous offrir la solution idéale (celle à laquelle nous n’aurions jamais pensée) qui correspond à notre intention.
Le résultat, c’est ce qui est à l’EXTERIEUR de soi.
Ce qui est important pour moi, par contre, est relié à ce qui est à l’INTERIEUR de moi, ce qui va donner naissance à mon intention, au « pourquoi » ou encore plus fort au « pour quoi » (en 2 mots).
Donc, pour un même mot, celui de l’importance, 2 réponses différentes en fonction de là où se situe le regard.
Qu’en dit le grand chef sioux que tu es, mon cher Philippe ?
(T’inquiètes, le grand chef sioux, c’est l’effet du décalage horaire :-) )
Je t’embrasse.
vis une merveilleuse soirée.
Maxime

Philippe Geffroyhttp://www.lesjardiniersdeletre.com24 septembre 2013 at 20 h 08 minRépondre

Bonsoir Maxime! tu es à Miami, donc (ou rentré?)! Merci pour tes commentaires généreux qui sont des quasi articles et les réflexions stimulantes qu’ils engagent.
Alors sur les 3 « plaies » du mental, comme sur la notion d’importance, je crois que c’est une question de dosage: au delà d’une certaine limite, subjective, liée à nos blessures le plus souvent, on passe dans la ligne rouge: je visais qqch et je n’ai pas obtenu le résultat: en fonction du degré d’importance mon ressenti est différent, je me juge et me compare ou non, ou avec bienveillance, sans m’y accrocher. Je partage avec toi l’idée que c’est en se centrant sur l’intégralité du corps (par exemple à partir d’une posture ancrée) que l’énergie bloquée dans le mental se diffuse, puis se dissout.
Sur les différences important à l’extérieur (résultat) et à l’intérieur (valeurs / sens), ca me fait penser à la différence qu’on fait en CNV entre besoin et stratégie. Ce qu’on fait pour obtenir le résultat qu’on cherche à l’extérieur est un moyen pour satisfaire/combler le besoin de sens(l’intention) qu’on a à l’intérieur, je crois que c’est relié, et que justement les problèmes viennent quand tout ça n’est pas aligné. J’attends ton article la dessus avec impatien
bises du soir
Philippe

Maximehttp://www.qualite-relationnelle.com2 octobre 2013 at 12 h 10 minRépondre

Excellent, mon cher Philippe, cette analogie avec la CNV.
Je te confirme, ça me parle bien !
Bises du début d’après-midi !
Maxime

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