Le bonheur est en vous

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Nous avons le plaisir d’accueillir notre premier invité: Michel Alexandre Prévost. Sylvie l’a d’abord rencontré, puis ensuite Philippe, le tout « par hasard » bien entendu! Nous avons été touché tant par l’homme que par son parcours. Il a accepté d’offrir son témoignage en s’appuyant sur son parcours de vie et en partageant ce qui est essentiel pour lui aujourd’hui. Nous serons ravis de lire vos commentaires et expériences personnelles. Bienvenue à Michel!

 

bonheurMa première question en ’’prenant la plume’’ est : Quel titre donner à cet article ? Un titre qui interpelle et qui soit le plus proche de ce que je souhaite transmettre, est celui du livre de Marcelle Auclair (Synthèse d’une série d’articles, parus dans « Elle », publiée en 1951).

Comment vais-je procéder ? La méthode est simple, mais la réalisation s’avère difficile : Essayer de transmettre mon expérience ! …

Un parcours … accidenté!

Quelle est-elle ? Je dois tout d’abord vous brosser rapidement le cadre de ma vie. En résumé, je fus un élève brillant, toujours 1er à l’école, BAC C (ancêtre du S) mention très bien, intégrant l’Ecole Centrale de Paris en 3/2. Mon père ne me l’a jamais pardonné : Il me voulait polytechnicien, j’aurais dû faire 5/2 pour cela ! Ainé doué, j’avais tout le poids des espoirs de mes parents sur les épaules. Cela pèse très lourd…

En juillet, après mon diplôme, je vais faire un stage de deltaplane dans le Jura. Une bulle d’air ascendante y mettra fin le 10ème jour en me mettant en piqué : 5 semaines de coma, hémiplégie. Ma rééducation sera difficile : On ne se réveille pas d’un coma, on en sort lentement en rétablissant peu à peu, par sollicitations, tous les liens abîmés du fonctionnement cervical – grâce aux neurones de substitution (20 ans après, je recommencerai à jouer du piano, interrompu par la force des choses).

Mon cadre de construction – La réussite – était donc anéanti : « Il restera un légume » aurait dit mon père ! Ma mère et ma future épouse, elles, m’ont soutenu dans mon relèvement : Rééducation, exercices physiques, mnésiques, intellectuels : j’ai pris des rendez-vous avec mes anciens professeurs de Math Sup-Math Spé, avec des amis ingénieurs. J’ai ré-entrainé mes neurones, entre autres en passant le DEUG de maths, après 3 mois de cours.

Suivi d’une construction professionnelle…

Ensuite, je suis progressivement entré dans la vie professionnelle, à mi-temps d’abord, puis, grâce à mon diplôme, j’obtiens un poste d’ingénieur dans une grande société. Dans les difficultés, je m’étais découvert une qualité : La volonté ; elle se confirme dans mes débuts professionnels. Suivent vingt-six ans d’une vie d’ingénieur classique où je continue de récupérer mes capacités et où je monte tranquillement des échelons en restant attentif à ménager mes fragilités. En 2010, j’obtiens un poste intéressant à la direction centrale, mais les espoirs placés par ma supérieure hiérarchique sur ma candidature amènent peu à peu une montée en charge que, bientôt, je ne peux plus assumer : Avril 2011 : « Burn out », « Nervous break down » ou dépression. Après un mois d’arrêt de travail, je redémarre sur une charge allégée. Rapidement, les structures sont modifiées : Un échelon hiérarchique intermédiaire me ’’protège’’ de mon ancienne supérieure. Elle partira bientôt. Depuis je remonte la pente. Mon but : Confiance en moi, optimisme, joie de vivre.

Un processus de transformation intérieure…

Voilà pour le cadre de ma démonstration. Maintenant, je vais montrer le chemin qui me permet de passer peu à peu d’un état individualiste, mal dans sa peau, anxieux et stressé, à une ouverture au monde et aux autres, à l’harmonie, la sérénité et la joie. De l’orgueil à l’humilité. Avec encore quelques rechutes, de plus en plus rares et de moins en moins sévères !

Trois mots deviendront mes phares dans les tempêtes de la vie : Présent, Conscience et Vigilance. (L’amour, important, ne peux être ni un but, ni un moyen : C’est une conséquence.)

Plus jeune, j’avais peu de conscience de moi-même et je n’étais jamais dans le présent : J’avais été élevé pour le succès, par mon intelligence. Mais le mental n’est, malgré tout, qu’un de nos organes ; beaucoup plus sophistiqué que les autres, certes ! Aussi, il a également besoin d’être géré, et de manière bien plus vigilante que tout autre. Tout organe, les muscles et les articulations par exemple, nécessitent exercices et assouplissements pour rester efficaces, voire pour perfectionner leurs capacités. Lui, a en plus besoin d’être piloté par la conscience. De même que si la direction et la vitesse d’un cheval puissant qui traine une carriole ne sont pas bien gérées par les rênes, laissé à ses impulsions, il s’emballe et va n’importe où et n’importe comment. C’est alors le mental qui mène votre vie et pas votre conscience !

L’erreur dans mon éducation a été de supposer que mon intelligence me permettrait de faire les bons choix. J’étais intelligent, mais immature et avec peu de conscience : Je vivais, je faisais beaucoup de choses, mais je n’étais pas !

imagesCA6QYBG0Le pouvoir du moment présent

Mon accident (conséquence d’une rébellion inconsciente contre une vie que je n’avais pas choisie ?), puis ma dépression ont été, sur 30 ans, les déclencheurs d’une révolte. Je ne pouvais plus continuer à vivre ainsi : Je n’acceptais pas des contraintes incontournables de la vie qui m’advenaient (mon travail ne me plaisait pas), je ne savais où aller, que faire d’autre : Je me sentais perdu au fond d’un puits dont je ne voyais pas de sortie. Mon généraliste est le catalyseur de mon rebond : Peu avant ma dépression, c’est lui qui me conseille un travail sur moi-même, c’est lui qui me recommande un psy, c’est lui qui me prescrit des tranquillisants. Encore une fois je constate la force du fonctionnement social de l’être humain ! En 2010, une collègue me conseilla (m’offrit même) un livre qui fut un des moteurs de ma renaissance : « Le pouvoir du moment présent » d’Eckhart Tolle. Je l’ai déjà lu 5 fois, et le relirai encore… Mais avant ces livres (Il y en a eu d’autres), il FAUT la Volonté, pour s’y investir vraiment et les mettre en pratique dans sa vie. Ma volonté était nourrie de ma révolte, aussi je l’ai lu et relu : Il m’a fait comprendre que le mental, chez beaucoup, peut conduire votre vie à la place d’une conscience mal éveillée. Il tire les enseignements du passé pour construire un futur intelligent et logique. Mais le présent ? Il oublie le présent ! C’est pourtant la seule chose qui existe, qui Est. Beaucoup de gens se révoltent contre le présent, mais il EST. Ne pas l’accepter est une folie ! Dans ma renaissance, je vis le plus possible dans le présent. Cela évite le stress, cela évite les peurs. Lui seul est la vie, lui seul, avec la conscience, offre une totale liberté d’agir, dans la créativité. Vous me répondrez que le passé contient les racines, les explications, etc. Nous faisons effectivement appel au passé pour cela, nous en avons besoin, mais seulement dans le présent et POUR le présent. Le passé, lui, n’est fait que de traces, de souvenirs. Vous me direz aussi que le futur permet d’espérer, d’échafauder, de construire, de progresser. Oui, mais cela pour rendre le présent meilleur. Le futur n’est fait que de prévisions, de déductions, d’organisation que nous élaborons dans le présent. Sinon il reste virtuel… Je m’arrête pour cela : Eckhart Tolle le dit vraiment mieux que moi et de manière beaucoup plus convaincante !

Les outils pour développer la Conscience

Le deuxième mot qui guide ma vie est Conscience. Eckhart Tolle parle aussi de la Pleine Conscience. Elle permet de sortir de soi, de voir les autres et le monde et de conduire vraiment sa vie plutôt que de laisser les rênes au mental. Comment la rejoindre ? Pour cela, j’ai découvert la méditation, aidé par Jon Kabat-Zin : « Où tu vas, tu es » (Livre majeur, poétique et très profond) et Christophe André : « Méditer, jour après jour » (Très beau et bien fini, il est illustré de jolis tableaux en liens avec un discours enthousiasmant et très accessible. Le CD qui l’accompagne s’avère très très bien fait. Il permet un démarrage agréable et efficace). C’était tellement simple : Il m’a suffit d’avancer mon réveil de vingt minutes pour transformer mes journées ! Apprendre à ’’Être’’ au lieu de passer sa vie à ’’Faire’’. Certes, faire est important, mais n’oublions surtout pas l’un pour l’autre, d’autant que l’un donne du sens à l’autre ! La méditation, c’est savoir faire un pas de côté et s’asseoir sur la rive pour se sentir ÊTRE, ici et maintenant, et VOIR le monde et le flot de la vie. En outre, quand je peux, environ 3 fois par semaine, après le restaurant d’entreprise, je fais une demi-heure de promenade, accompagné de la « Méditation de la marche ». La méditation aide, en demeurant dans le présent, à la prise de conscience du corps, des émotions, des pensées et des autres.

coureurTous les sports peuvent également être des moyens de prise de conscience de soi et du monde. Le sport participe à l’équilibre psychique. Aussi, à l’instigation d’un cousin, je commence le vélo en 2008. C’est une révélation ! Il entretient la forme, bien sûr, et permet une prise de conscience de son corps et du tout (Le Lauragais est magnifique !). Il s’avère également, grâce aux nombreuses côtes, un des meilleurs moyens de sécréter des endorphines – l’hormone du bonheur ! Ainsi, quand je démarre le samedi matin, je suis encore fatigué par ma semaine de travail, mais quand je rentre, je suis plein d’optimisme pour le week-end!

Une autre activité importante commencée il y a 8 mois : La Salsa ! Cette danse apporte d’abord un grand plaisir, mais aussi, par sa complexité, une meilleure connaissance et donc une meilleure maîtrise du corps.

J’allais oublier le Yoga, commencé début 2011, c’est aussi une excellente manière de prendre conscience de soi, de prendre du recul. Notre professeur, une collègue adepte du Yoga depuis 20 ans, est exemplaire !

Dans ce même domaine de la conscience, dans « Les états d’âme, un apprentissage de la sérénité », Christophe André conseille la pratique du ’’Journal intime’’. C’est grâce à lui que, quelques mois après ma dépression, j’ai commencé mon journal, un véritable moteur de « conscientisation » – en commençant par le fonctionnement de l’esprit dans la dépression!

Une autre aide importante a été l’appui d’un psychiatre à qui j’ai rendu visite deux fois par mois à partir de fin 2010. Il m’a aidé dans cette prise de recul et ma marche vers plus de conscience. Entre autre, chaque fois, dès son démarrage, il me relisait et commentait les nouvelles pages de mon journal, accentuant ainsi ma conscientisation. Sur son conseil, j’ai relu celui-ci avec la conscience et le recul qui me permirent d’objectiver son contenu sans le revivre !

Il reste un mot : Vigilance

En effet, une force et une difficulté humaines sont que notre mental produit sans interruption. Si les rênes se relâchent, celui-ci tentera de reprendre le pouvoir que notre conscience lui a prit. Cela peut aller très vite ! Lors d’une grosse averse (une passe difficile), les eaux reprennent parfois, facilement au début, plus rarement après, les anciennes rigoles dont vous les aviez détournées pour les nouveaux canaux plus objectifs de la conscience. Aussi, il faut s’éduquer à systématiser un nouveau réflexe : La vigilance.

Tout cela s’avère plus facile à dire qu’à faire. C’est pourquoi j’ai lu tous ces ouvrages et en lis encore (voir bibliographie), c’est pourquoi je médite, c’est pourquoi je prends le temps de coucher dans mon journal tout ce qui relève de mes états d’âme et de la prise de conscience de ma vie. C’est pourquoi je suis chaque semaine un cours de Yoga. C’est pourquoi je vois encore mon psy, une fois par mois. Tout cela a pris du temps et me permet beaucoup de recul, celui de la conscience, par rapport aux évènements de la vie. Ils peuvent amener en effet des réactions, des réflexes qui sont souvent inadaptés, car ils proviennent souvent de notre éducation ou de nos ancêtres qui vivaient une autre vie. Cela me permet de tenter de demeurer éveillé, Bouddha ne signifie-t-il pas « L’être éveillé »?

Mais je suis faible et facilement, ma conscience s’endort, je retombe dans la routine et je m’éloigne du bon chemin. C’est pourquoi j’ai aussi suivi à ce jour quatre stages de « savoir être » (voir plus bas) et en suivrai sûrement d’autres… (Après 9 stages de « Clown » sur 8 ans, que je recommande vivement !) Cela regonfle mes batteries et me redonne l’énergie nécessaire pour poursuivre ce long voyage, tout comme le « ravitaillement en vol » pour un avion investi d’une longue mission…

Depuis lors, je ne prétendrais pas que j’ai un but, mais j’ai un chemin. Et n’est-ce pas le plus important ?

Pour finir, une dernière image, que je ne savais pas voir auparavant, chaque matin, quand je me rendais au travail : En voiture, sorti sur la nationale, je découvre aujourd’hui la route bordée de part et d’autre de platanes. Ils sont admirables avec leurs troncs beige clair et beige foncé, leurs grandes ramures, éclairés par le soleil levant sur la chaussée anthracite et, au fond, un ciel encore foncé. Comme le monde est beau, ici et maintenant!

Michel-Alexandre.

Ecrivez dans les commentaires les réflexions ou sentiments ce que le parcours de Michel vous inspire

 

Bibliographie :

• Eckhart Tolle : « le pouvoir du moment présent » (Bien Être chez « J’ai lu »)

• Jon Kabat-Zin: « Où tu vas, tu es » (Aventure secrète chez « J’ai lu »)

• Christophe André : « Méditer jour après jour » (Chez « L’iconoclaste »)

• Christophe André : « Les états d’âme, un apprentissage de la sérénité » et « Imparfait, libres et heureux, pratique de l’estime de soi » (« Psychologie » chez « Odile Jacob »)

• Marcelle Auclair : « Le bonheur est en vous » (aux éditions du seuil – 1951)

Formations « Savoir être » : (stages CEGOS)

• « Gérer et utiliser ses émotions pour être plus efficaces » (mars 2012)

• « L’estime de soi, source de l’efficacité personnelle et collective » (mai 2012)

• « Approfondir la connaissance de soi-même et des autres pour être plus efficace (Méthode Schutz) » (novembre 2012) (Avec l’animation de Sylvie Ferrieu)

• « Donner du corps à son expression, se mettre en scène ! » (avril 2013) (Animé par Philippe Geffroy).

Formations « Clown » : (Le BATACLOWN – 32220 Lombez – http://www.bataclown.com – formation@bataclown.com)

• « Clown plus Gestahlt », « Clown 1 », « Clown 2 », « Clown 2 et voix », « Clown 3 » (2002 à 2009)

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5 commentaires:

Véronique14 mai 2013 at 9 h 06 minRépondre

Bonjour Philippe,
Merci d’avoir partagé ce bel et profond écrit !
Je partage, même si je n’ai pas tout à fait le même parcours, il n’en a pas été moins « difficile » … Burn out aussi …
Mais c’est le chemin qui nous fait grandir ! et nous a conduit au bataclown !! et ça c’est super !
Bien à toi !
Véronique (Klorophyl)

Michel-Alexandre14 mai 2013 at 15 h 27 minRépondre

Bonjour Véronique,
Merci de m’avoir lu avec plaisir!
Peut-être nous connaissons-nous par le Bataclown…
Je te souhaite un chemin apaisé!

Carole23 mai 2013 at 13 h 06 minRépondre

Bonjour vous trois,
fascinant témoignage…
Je me suis toujours demandée si demain, je devais accompagner une personne ayant eu l’expèrience d’un trauma qui a changé sa vie, comment je me sentirai… Après la simple lecture, je me sens Grandie, mais le partage de ce chemin mériterait de longs échanges… car on peut imaginer le parcours mais pas le comprendre (dans le sens de savoir les véritables étapes et changements qu’a vécu la personne concernée)…
Et en même temps je me sens Petite, car même si chacun à ces « changements » (on dit problèmes souvent) à son niveau; je suis admirative des parcours comme Michel-Alexandre…
Bravo.
Au plaisir. Carole d’Annecy

Philippe Geffroyhttp://www.lesjardiniersdeletre.com23 mai 2013 at 21 h 44 minRépondre

Merci, Carole.
Des parcours comme celui de Michel nous enrichissent, ils aident aussi à relativiser nos propres « problèmes » et à garder confiance dans nos capacités de transformation de ce qui nous « arrive » … Il y a qqch d’un chemin initiatique avec des épreuves dont le sens est à trouver et une quête qui prend peu à peu tournure

zeniehttp://www.lesphrasesdezenie.com21 juillet 2013 at 5 h 41 minRépondre

Bonjour Philippe et bonjour Michel-Alexandre, merci pour cet article.
Même si nos parcours sont différents, je me reconnais dans tout ce que je viens de lire. Trouver son chemin véritable et le suivre jour après jour est ce qu’il y a de plus beau pour moi car c’est ce que je vis en ce moment.

zenie

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